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California Resources Corporation (CRC) est la plus importante société de production pétrolière et gazière de l’État. Sa mission : répondre aux besoins énergétiques actuels de la cinquième économie du monde tout en se préparant à un avenir à faibles émissions de carbone.
Dans le dernier épisode du balado Sustainability Leaders, Jonathan Hackett, premier directeur général et chef, Finance durable, BMO Marchés des capitaux, s’entretient avec Francisco Leon, président et chef de la direction de la Croix-Rouge canadienne, pour approfondir le sujet de la transition énergétique.
Écoutez l’épisode d’environ 27 minutes :
Le balado Sustainability Leaders est accessible en direct sur tous les principaux réseaux, y compris Apple et Spotify.
Transcription
Francisco Leon :
Nous pensons que le captage et le stockage du carbone changent totalement la donne. Aujourd’hui, la technologie est viable et peut générer de bons rendements.
Michael Torrance :
Bienvenue au balado Sustainability Leaders. Je m’appelle Michael Torrance et je suis chef de la durabilité à BMO. Dans ce balado, nous nous entretiendrons avec des professionnels de la durabilité de premier plan issus du milieu universitaire, des affaires, de l’investissement et des ONG afin d’explorer l’incidence du domaine de la durabilité en évolution rapide sur les pratiques d’affaires en matière de placement à l’échelle mondiale et sur notre monde.
Avis :
Les opinions exprimées dans ce balado sont celles des participants, et non celles de la Banque de Montréal, de ses sociétés affiliées ou de ses filiales.
Jonathan Hackett :
Bonjour, je m’appelle Jonathan Hackett. Bienvenue au balado Sustainability Leaders. Aujourd’hui, je suis accompagné de Francisco Leon de la société California Resources Corporation (CRC), une société indépendante de gestion de l’énergie et du carbone engagée dans la transition énergétique. Francisco, merci de vous joindre à nous.
Francisco Leon :
Jonathan, merci beaucoup de m’avoir invité. Je suis ravi de participer à cette discussion.
Jonathan Hackett :
De même. Pour commencer, Francisco, CRC est un acteur sur lequel il faut compter de plus en plus dans le secteur de la transition énergétique avec ses réalisations récentes, en particulier la fusion avec Aera Energy, et plus récemment, l’obtention par Carbon TerraVault des premiers permis pour le forage de puits de classe VI, ce qui permettrait de stocker le carbone. Pouvez-vous nous expliquer comment CRC envisage cette transition énergétique et comment cela vous distingue dans le secteur?
Francisco Leon :
Bien sûr. Comme l’indique notre slogan, nous sommes une société énergétique différente. Cela s’explique par de nombreux éléments, mais nous poursuivons avant tout trois priorités. Nous donnons la priorité aux flux de trésorerie, car il est important, puisque nous sommes une société cotée en bourse, de fournir des rendements intéressants et durables à nos actionnaires. Les flux de trésorerie constituent donc notre première priorité. Le dioxyde de carbone, tel qu’il s’entend dans le stockage et la gestion du carbone, est notre deuxième priorité. C’est un nouveau secteur d’activité. C’est très enthousiasmant de contribuer à décarboner le secteur afin d’aider l’État de la Californie à atteindre des objectifs très ambitieux en matière de carboneutralité grâce à la réduction de ses émissions. Nous voulons être cette solution pour la Californie. La gestion du carbone sera donc une plateforme de croissance. C’est donc notre deuxième priorité. La troisième est la Californie.
Elle compte près de 40 millions d’habitants et de grands consommateurs d’énergie. Environ un dixième de l’essence consommée aux États-Unis l’est en Californie. Environ un septième du carburéacteur est consommé en Californie. Cela représente donc un pourcentage important de nos produits consommés aujourd’hui. Il y a de grandes aspirations pour passer à d’autres énergies, et nous sommes très favorables à une transition équilibrée qui tire vraiment parti du modèle californien, mais aussi des ressources californiennes, et pour pouvoir proposer une plateforme qui donne des résultats sur tous les fronts. Il ne s’agit pas seulement de réduire les émissions, ce qui est notre objectif et ce que nous allons aider à atteindre, mais aussi de veiller à l’abordabilité pour les consommateurs. Il s’agit également de la fiabilité sur le plan énergétique.
Et nous pensons que c’est une occasion phénoménale de pouvoir être le leader dans notre secteur actuel, c’est-à-dire les énergies conventionnelles, tout en travaillant à l’avenir de la Californie, à l’avenir du secteur pour qu’il conjugue le meilleur de ce que nous proposons aujourd’hui, l’améliore, réduise l’intensité carbone, tout en investissant en parallèle dans ces technologies qui s’annoncent emballantes, comme le captage et le stockage de carbone (CSC) ou la création d’hydrogène propre, d’ammoniac bleu et de gaz naturel renouvelable. L’énergie géothermique est une technologie qui nous plaît aussi. Elle peut constituer une solution propre, avec une excellente charge de base. Tout cela vise à compléter notre stratégie en matière de CSC.
Voilà, pour résumer ce que nous faisons aujourd’hui, et je trouve passionnant d’être l’une des clés de la transformation du secteur de l’énergie au bénéfice des Californiens.
Jonathan Hackett :
À l’évidence, vous mettez en œuvre des technologies très diverses. Commençons peut-être par le captage et le stockage de carbone. Vous avez ce projet, CarbonTerraVault. Pouvez-vous nous parler de son importance pour le paysage énergétique de la Californie et nous dire comment vous contribuez au développement du stockage de carbone en Californie? Et, aussi, bien sûr, comment les permis pour le forage de puits de classe VI s’intègrent à cette situation.
Francisco Leon :
Nous travaillons depuis plus de trois ans avec l’Environmental Protection Agency pour obtenir un permis de classe VI et pouvoir injecter du CO2 dans des réservoirs souterrains en vue d’un stockage permanent. Il s’agit donc d’un projet unique à bien des égards. L’un est que le CO2 est habituellement associé à la récupération assistée du pétrole. En Californie, nous allons simplement procéder à un stockage permanent, sans récupération assistée du pétrole. Ce permis présente donc un profil réglementaire très strict. Il est très difficile à obtenir. Il nécessite une masse de données. Il faut pouvoir convaincre l’organisme de réglementation que le CO2 ne s’échappera pas du sol. Il faut avoir un système de surveillance complet. Ce permis n’est donc vraiment pas facile à obtenir. Il y a beaucoup de propositions, de demandes de permis en attente. Mais, dans le cadre de ce nouveau processus d’octroi de permis, seules deux entreprises l’ont obtenu. La première a été une entreprise de l’Indiana et nous sommes désormais la deuxième. Et nous sommes les premiers à être une société cotée en bourse. Nous sommes également les premiers en Californie.
Autre première, le réservoir est un réservoir épuisé de pétrole et de gaz. Nous avons donc été en mesure d’obtenir ce permis, et nous sommes maintenant en pleine course. De fait, nous avons annoncé la décision d’investissement finale pour notre premier projet, qui vise à capter 100 000 tonnes de CO2 émis par notre usine de traitement de gaz à Elk Hills, où ce permis a été accordé. Et nous avons de nombreuses autres demandes de permis en attente. Nous allons pouvoir aller de l’avant pour quatre d’entre eux en 2025 dans des zones différentes de la Californie, ce dont nous sommes très heureux. Nous devrions donc pouvoir procéder à la première injection au titre de ce premier projet d’ici la fin de cette année, générer les premiers revenus issus du CSC – ce premier projet s’accompagne donc de jalons importants – et également atteindre une certaine évolutivité à mesure que nous développons d’autres sites.
Si je peux prendre quelques secondes pour vous donner une idée de ce que cette occasion représente, Jonathan. La Californie génère environ 400 millions de tonnes d’émissions. C’est la part de l’État. En vertu de la législation californienne, et au titre du plan de cadrage établi par le California Air Resources Board, au moins le quart ou le tiers de ces émissions devrait être traité par le biais du captage et du stockage du carbone. Par conséquent, entre 150 et 200 millions de tonnes d’émissions devaient être traitées au moyen du CSC. Cela signifie que chaque émetteur de CO2 – n’importe quelle usine qui produit pollue, émet du CO2 – va devoir avoir un procédé de captage et de stockage du carbone pour éviter cette pollution. La meilleure pratique reconnue consiste à faire du stockage souterrain, et c’est le permis que nous avons cherché à obtenir.
Et nous avons aménagé des sites, car nous sommes le plus important propriétaire de terrains miniers en Californie. Nous détenons également de nombreux droits de propriété du sol et droits superficiaires. Nous avons donc élaboré un plan qui prévoit une capacité de stockage d’environ 1 milliard de tonnes de CO2. Ramené à une échelle annuelle, cela représente environ 20 à 25 millions de tonnes d’émissions par an que nous pouvons capter et stocker. Cela représente donc un pourcentage important du marché qui est à traiter, au moins 10 %, voire plus. Et nous ne faisons que commencer. Nous pensons donc que la marge de manœuvre dont nous disposons ici, avec le soutien de la Californie et les incitatifs accordés au niveau fédéral et au niveau de l’État, nous permettra, comme je l’ai dit, d’avoir vraiment les coudées franches pour mettre sur pied cette activité, et nous sommes dans une position unique pour y arriver.
Jonathan Hackett :
C’est fantastique. Alors que nous parlons si souvent de la transition vers la carboneutralité, du travail acharné à effectuer dans un premier temps pour réduire les émissions de la charge de base à un niveau plus facile à gérer qui permet de commencer à réfléchir à la compensation ou aux émissions négatives qui seront nécessaires à long terme, il me semble qu’il est difficile de voir comment faire une différence significative. Et c’est vraiment incroyable de pouvoir parler d’un tel volume, de ces 10 % traités par ce seul site de stockage potentiel. Passons à ce deuxième élément, car lorsque nous parlons de carboneutralité, nous parlons également de suppression. Vous avez reçu un financement du ministère de l’Énergie au bénéfice du California DAC Hub Consortium, où DAC, pour que tout le monde comprenne, signifie « direct air capture », captage direct du carbone dans l’air. Pouvez-vous nous en dire plus sur ce projet et sur la façon dont il s’inscrit dans la stratégie globale de CRC dans ce domaine?
Francisco Leon :
Bien sûr. Notre stratégie de gestion du carbone, comme je l’ai dit jusqu’à présent, est vraiment axée sur le stockage du carbone issu des émissions actuelles. Le deuxième élément qui nous enthousiasme beaucoup est l’élimination du carbone de l’atmosphère, et c’est là qu’intervient la technologie DAC. Le ministère de l’Énergie veut établir des plateformes en divers endroits des États-Unis pour capter directement le carbone dans l’air. Et il y a quelques années, il a financé deux projets dans d’autres États. Nous sommes donc à la lutte pour cette troisième place et pouvoir amener le DAC en Californie. Nous avons établi un partenariat avec certains des meilleurs acteurs au monde dans cette technologie, comme Climeworks, une entreprise suisse, ou AVNOS, une entreprise de Los Angeles. Ce sont eux qui fournissent la technologie liée à ce processus. Et nous voulons fournir le site de stockage pour le captage direct du carbone dans l’air. Nous avons donc soumis ensemble une demande au titre de l’avis d’offres de participation et obtenu un financement pour le deuxième niveau. Il y a trois niveaux. Nous en sommes toujours à ce deuxième niveau, mais nous nous attendons à beaucoup de soutien pour la technologie et d’occasions emballantes pour aider la Californie à se décarboner.
L’Inflation Reduction Act (IRA) offre un incitatif supplémentaire, et il s’agit du crédit le plus élevé, à savoir 185 $ par tonne pour le captage direct du carbone dans l’air. Et nous constatons un fort intérêt de la part d’entreprises technologiques et d’entreprises en général qui veulent compenser l’empreinte qu’elles laissent dans le monde, qui rejettent des émissions qu’elles ne peuvent pas contrôler ou qu’elles ne peuvent pas éviter, et le moyen, c’est d’acheter des crédits dans le cadre de ces projets de DAC. C’est une stratégie viable. Nous n’en sommes qu’au tout début dans ce domaine, mais cela nous passionne beaucoup, comme le partenariat avec tous ces groupes.
Jonathan Hackett :
Vous parlez beaucoup de la Californie. Par le passé, vous avez parlé de l’importance de la production locale d’énergie. Comment cela s’intègre-t-il à votre perspective sur le captage et le stockage du carbone et à votre volonté d’être le fer de lance en Californie?
Francisco Leon :
Nous sommes le plus important producteur de pétrole et de gaz en Californie, qui est un grand marché avec de gros consommateurs. Et lorsque l’on réfléchit à la transition, cela prendra du temps. Je crois que c’est l’un des enseignements. Il n’y a pas de moyen facile de faire la transition aujourd’hui. Et pour bâtir ce pont vers l’avenir, il faut d’abord se concentrer sur l’amélioration de l’existant. La Californie est riche en ressources naturelles. Et en ce qui concerne l’extraction de ces ressources au profit des habitants de la Californie, nous prenons notre rôle très au sérieux pour produire du pétrole et du gaz mieux que quiconque sur la planète. Notre priorité va à la sécurité, un domaine où nous avons d’excellents antécédents, mais aussi à la gérance de l’environnement. L’analyse de nos activités montre qu’elles comptent parmi les opérations pétrolières qui génèrent le moins d’émissions, en ce qui concerne les émissions de méthane, du moins aux États-Unis et probablement aussi dans le monde. Et nous invitons des groupes comme MIQ, un leader mondial reconnu dans la vérification des émissions de méthane, à venir sur nos sites et à nous évaluer. Et pour le premier site que nous avons réalisé dans le bassin de Los Angeles, nous avons reçu la note la plus élevée, un A, au titre de la plus faible génération d’émissions de méthane. Très peu d’entreprises ont reçu cette notation.
Il y a donc une occasion d’améliorer le secteur pétrolier et gazier aujourd’hui et de continuer à extraire ces ressources jusqu’à ce que nous trouvions une meilleure solution. Nous cherchons également à mettre en œuvre des techniques améliorées de géothermie pour produire de l’énergie propre à partir de formations que nous pensions peu intéressantes avant, et ainsi de suite. C’est donc très synergique, lorsque la vision à long terme que l’on a est de créer quelque chose qui a vraiment de la valeur pour les Californiens, de pouvoir prendre soin du présent, de l’améliorer et de réduire l’intensité carbone de ses activités. Cette production locale répond aussi aux questions de l’abordabilité, de la création d’emplois et constitue, au bout du compte, une très bonne chose pour les collectivités. Pour autant, je ne dis pas que cela suffit. Il reste encore beaucoup à faire et nous devons déterminer les prochaines étapes par le biais du captage du carbone et de tout ce que j’ai déjà évoqué. Nous prenons donc ce leadership et cette responsabilité très au sérieux pour fournir de l’énergie aujourd’hui et réfléchir à la provenance de l’énergie future.
Jonathan Hackett :
Le défi est à l’évidence vraiment de taille, n’est-ce pas? Ce dont il est question, c’est comment intensifier ces technologies? Comment le faire pour répondre à cette nécessité totale? Vous avez indiqué que vous pourriez assumer 10 % de l’objectif de captage ou de captage et de stockage du carbone de la Californie. Quels sont les obstacles auxquels vous faites face pour élaborer et mettre en œuvre le CSC à si grande échelle? Comment relevez-vous ces défis?
Francisco Leon :
Il y a plusieurs défis liés à la délivrance des permis et au rythme de cette procédure. Elle n’est pas en phase avec les objectifs de rendement du capital et l’appétit pour le déploiement du capital à grande échelle. Nous devons donc mieux harmoniser cela. Dans le cas de nos projets, l’intérêt du capital était présent dès le premier jour, mais il faut faire preuve de patience pour les permis, pour procéder au lancement. Et le capital peut se montrer impatient, car il y a d’autres options, et il n’est pas dédié à un domaine, il doit être productif. Mais nous avons eu de la chance, ou nous avons le bon plan d’action. En fait, nous avons attiré beaucoup de capitaux canadiens. Et pour mettre en vedette notre partenaire Brookfield, 500 millions de dollars de son fonds de transition mondial ont été affectés pour nous aider à développer et faire croître le CSC. Il finance aussi ce premier réservoir pour lequel nous avons pris la décision d’investissement finale. Et le plan est qu’il soit partie prenante de chaque réservoir que nous développons en Californie par l’intermédiaire de notre coentreprise. Cela a donc été une belle occasion pour nous.
De plus, si vous examinez notre registre des actions en tant que société cotée en bourse, vous verrez que notre actionnaire le plus important est l’Office d’investissement du régime de pensions du Canada. L’Office est entré à notre capital par le biais d’une acquisition que nous avons effectuée l’an dernier. Beaucoup d’investisseurs qui partagent le même état d’esprit s’intéressent à notre entreprise, CRC, et estiment qu’il s’agit d’une entreprise qui est florissante aujourd’hui et qui se concentre sur l’avenir de la bonne façon pour débloquer toutes ces technologies et ces occasions de placement qui sont plutôt rares à l’échelle mondiale. Les objectifs sont très bien intégrés à notre stratégie.
Le défi consiste donc à faire en sorte que ces groupes soient en mesure de déployer du capital de manière à obtenir des rendements attrayants et les avantages environnementaux que nous recherchons. Ce n’est pas facile d’être des pionniers, nous devons faire face à beaucoup d’inconnues lorsque nous devons composer avec la réglementation, les forces du marché et les préférences quant à ce que nous devons faire. Mais nous sommes convaincus que le monde doit se décarboner et que nous avons besoin d’une énergie fiable, abordable et locale. Ce n’est donc pas l’un ou l’autre, c’est les deux, et nous nous lançons dans cette mission avec beaucoup d’enthousiasme.
Jonathan Hackett :
Francisco, vous avez parlé de la diversité des approches que vous adoptez et du nombre de technologies que vous envisagez. Vous avez mentionné la géothermie, par exemple. Dans tous ces domaines, quels sont les progrès les plus emballants que vous voyez poindre et comment pensez-vous... je pense au défi auquel font face beaucoup d’entreprises... vous avez parlé... du capital et de l’appétit pour le risque de ce capital, comment avoir une entreprise qui est tout cela pour l’ensemble de ses investisseurs dont les horizons de placement diffèrent. Comment envisagez-vous ces équilibrages?
Francisco Leon :
Je pense que l’une des erreurs que la Californie peut commettre est de présélectionner les technologies gagnantes à ce stade-ci et de se dire « Seules ces technologies fonctionneront ». Pour moi, ce serait une erreur, et ce sera coûteux. Pour remplacer quelque chose qui fonctionne très bien, comme le gaz naturel et le pétrole, il est nécessaire de faire de nombreux essais et de laisser le marché et les technologies évoluer au fil du temps, de prendre le temps nécessaire pour les développer et être sûrs de leur viabilité commerciale. En ayant cela en tête, il me semble que nous avons été enthousiasmés par un certain nombre de choses.
Mais pour revenir au fait de ne pas choisir les gagnants prématurément, le monde change rapidement, et il n’y a pas de meilleur rappel pour cela que l’intelligence artificielle (IA), et le boom assez récent de l’IA qui, j’en suis convaincu, changera le monde, changera notre façon de travailler et améliorera les vies. Mais pour cela, vous avez besoin d’une énorme quantité d’énergie. Et la technologie que beaucoup de gens désignaient comme l’avenir, c’est-à-dire les énergies renouvelables, ne sera pas compatible avec cette croissance de l’IA, du moins pas exclusivement. C’est l’une des données de l’équation. Les énergies renouvelables sont emballantes à bien des égards, mais ce n’est pas la seule chose qui fonctionnera.
Des technologies comme les petits réacteurs modulaires et le nucléaire sont emballantes, mais ce n’est pas ce que nous faisons à CRC. Il y a donc de la place pour ces technologies et c’est vraiment passionnant de les voir prendre leur essor. Mais pour revenir à ce que nous pouvons fournir, nous pouvons faire du captage du carbone une réalité et prendre en charge les émissions de nombreuses installations à l’arrière du compteur, ou elles peuvent provenir du réseau électrique, mais être décarbonées, et contribuer à la croissance qui devrait accompagner la demande d’énergie de l’IA.
De même, nous aimons l’énergie géothermique depuis de nombreuses années, mais elle n’a jamais vraiment été subventionnée. Donc, sans CAE, conventions d’achat d’énergie, améliorées, elle reste au mieux une activité marginale. Nous voyons maintenant les entreprises opérer des changements importants et tenter de comprendre la ressource géothermique. C’est une autre technologie qui s’accorde extrêmement bien à nos forces en tant qu’experts du sous-sol, en tant que foreurs, en tant que personnes qui savent gérer le sous-sol, extraire la ressource. L’énergie géothermique est un domaine naturel pour nous, que ce soit dans sa forme traditionnelle ou les nouvelles formes comme les systèmes géothermiques améliorés ou les batteries mécaniques de terre. Ce sont des solutions qui doivent être éprouvées à grande échelle ou qui doivent être développées délibérément pour répondre à ces besoins liés à l’IA. Je pourrais continuer longtemps. Il y a beaucoup de choses emballantes, Jonathan, ce n’en sont là que quelques exemples.
Jonathan Hackett :
C’est formidable. Vous avez parlé du soutien apporté par l’IRA pour vos travaux sur le captage du carbone. Il me semble qu’il y a eu beaucoup de discussions au cours des derniers mois sur la réglementation et les changements auxquels nous pouvons nous attendre au cours des prochaines années. Selon vous, quelle incidence positive et négative le contexte réglementaire a-t-il sur les efforts de CRC dans ce domaine?
Francisco Leon :
Oui. L’IRA a donné un véritable coup de pouce à bon nombre de nos efforts. Et si on regarde ce qui est indiqué pour le captage du carbone au paragraphe 45Q, il s’agit de la codification de l’IRA, si on analyse qui en a profité, quelles entreprises ont utilisé cela pour faire croître leurs activités, ce sont vraiment des entreprises énergétiques dans les États rouges, les États républicains. Même si l’IRA a été créé par un président démocrate, pour nous, il s’agit d’une solution vraiment bipartisane. Je ne penserai pas la même chose pour d’autres aspects de la transition énergétique. Il est clair que certains secteurs seront mis en péril, mais, à notre sens, ce que nous développons, qui est connexe à une activité pétrolière et gazière en transformation, devrait être soutenu par ce gouvernement. Nous savons que le soutien est très fort en Californie. Il nous semble donc être sur une très bonne dynamique ici et la nouvelle administration à venir ne nous préoccupe pas outre mesure. Si nous pouvons contribuer à une délivrance accrue de permis, ce serait un plus, car à bien des égards, il y a des entreprises qui sont très bien préparées pour relever ce défi. C’est passionnant d’être dans cet État, et je pense que nous allons obtenir du soutien en créant des emplois. Compte tenu de notre qualité, les collectivités et le gouvernement nous soutiendront également.
Jonathan Hackett :
C’est vraiment un territoire très intéressant et pour approfondir un peu plus, lorsque vous parlez de créer des emplois et de produire cette énergie en Californie, le fait de travailler pour une entreprise tournée vers la durabilité, que celle-ci soit au cœur de sa mission, cela a-t-il une incidence sur vos employés? Selon vous, est-ce un aspect qui influence le choix de travailler à CRC?
Francisco Leon :
Absolument. C’est inscrit dans notre ADN. Et il y a beaucoup d’enthousiasme à l’égard de Carbon TerraVault et de la gestion du carbone. Je dirais que nous avons environ 50 ou 60 personnes affectées à temps plein à notre activité de gestion du carbone. La majorité d’entre elles sont des employés issus du secteur pétrolier et gazier qui ont choisir d’investir ce nouveau domaine, ont acquis une grande expertise et créent beaucoup de valeur. Il n’y a aucune résistance. Il y a une acceptation de la direction que nous devons prendre. C’est apparent dans les mesures prises par notre conseil d’administration et par notre direction. Si vous regardez nos documents de sollicitation de procurations et la rémunération des employés de CRC, environ 30 % de la prime annuelle est liée aux initiatives ESG. Elles portent sur le changement de soupapes pneumatiques, sur l’obtention de la certification du MIQ. Il est donc question d’incitatifs, et nous offrons les bons incitatifs pour que les employés soient enthousiastes à ce sujet.
Jonathan Hackett :
Vous avez vraiment créé un leader en matière de durabilité dans un secteur où, pour beaucoup de gens, cela est vraiment difficile à faire. Nous communiquons beaucoup avec des entreprises de l’industrie lourde, et l’une des choses qu’elles disent, c’est qu’il ne s’agit pas de leur cœur de métier, que c’est plus facile de se concentrer sur ce que l’on fait et que quelqu’un d’autre résoudra certains de ces problèmes. Selon vous, comment les leaders d’autres secteurs générateurs d’émissions peuvent-ils se transformer en leaders en matière de durabilité?
Francisco Leon :
Effectivement. C’est difficile de parler de la situation d’autres secteurs. On y trouve beaucoup d’investisseurs différents, qui ont leur mot à dire. À certains égards, le fait que nous soyons une entreprise établie en Californie nous aide. Nous vivons en Californie. Nous voulons vraiment créer de la valeur non seulement pour les actionnaires, cela découle du fait d’être coté en bourse, et améliorer la vie des gens qui vivent autour de nous dans les collectivités, et il nous est probablement plus facile qu’à d’autres entreprises d’adhérer à la mission que cela crée. Mais le monde exige que nous fassions mieux. Dans ces industries lourdes, la rentabilité est essentielle. Il faut être en mesure de gagner de l’argent. Ça ne fait aucun doute. Mais combiner la rentabilité à l’amélioration de la vie des gens, à la décarbonation, à l’amélioration des pratiques opérationnelles et à la réduction de l’empreinte carbone fait, selon moi, également partie des responsabilités fondamentales de chaque entreprise. Je crois que ce qui effraie beaucoup d’entreprises, c’est le soit l’un soit l’autre, et une transition forcée. Je respecte cela. Mais nous constatons que nous pouvons faire les deux. Elles ne s’excluent pas mutuellement. L’engagement doit venir d’en haut, non seulement de moi, mais aussi du conseil d’administration et des actionnaires.
Jonathan Hackett :
Francisco, je crois que c’est un excellent conseil pour les autres acteurs du secteur. Je vous remercie d’avoir pris le temps de vous joindre à nous aujourd’hui.
Francisco Leon :
Jonathan, c’est un plaisir d’avoir discuté avec vous, et merci de nous donner l’occasion de faire part de nos projets emballants. Nous vous remercions, vous et la Banque de Montréal, de nous donner l’occasion de participer à votre balado. Merci beaucoup.
Michael Torrance :
Merci d’avoir écouté cet épisode de Sustainability Leaders. Ce balado est présenté par BMO. Vous trouverez notre émission sur Apple Podcasts, Spotify ou votre lecteur de balados préféré. Cliquez sur le bouton de suivi pour être avisé lorsque de nouveaux épisodes sont publiés. Vos commentaires sont importants pour nous, alors n’hésitez pas à nous laisser une cote, une critique ou tout autre commentaire, ou à consulter le site leadersetdurabilite.bmo.com. Notre balado et nos ressources sont produits avec le soutien de l’équipe Marketing de BMO et de Puddle Creative. Jusqu’à la prochaine fois, merci d’avoir écouté et bonne semaine.
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